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Comment bien préparer un date avec QGIS et l’analyse spatiale ?#

📆 Date de publication initiale : 14 février 2026

Introduction#

Je vous pose le décor.

Après une rude journée à géomatiquer vous ouvrez votre application de rencontres préférée.

Et là, par on ne sait quel miracle vous avez un match. Encore plus incroyable, vous ne vous ghostez pas mutuellement, et finalement la discussion se passe bien.

Arrive alors le moment fatidique où vous convenez d’un date. Avec la grande question :

"T’as envie d’aller où ?”.

Votre âme de géomaticien·ne en vous s’éveille, et se dit, ça doit pas être si compliqué de trouver tous les cafés entre vous et votre crush. Après tout, tout ce dont vous avez besoin pour ça c’est de deux coordonnées, le reste vous pouvez le déduire.

Voilà c’est parti, peut-être êtes-vous inconscient·e ? Ou peut-être êtes-vous juste étrange ? Mais, vous vous partagez mutuellement vos localisations.

Cet article est une adaptation méthodologique tirée de faits réels (ou non).

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Méthodologie#

Pour cet article, nous allons prendre un exemple fictif, dans lequel vous habitez rue Ada Lovelace à Paris, et où votre match habite allée Marie Laurent. Une chance inouie si j’ose dire, si on prends l'exemple sur Nantes seul 14% des rues portent un nom de femme, mais cette proportion se retrouve ailleurs en France, même si Paris figure parmi les bons élèves.

Notre objectif final sera donc de trouver tous les cafés et bars entre ces deux adresses.

Connect the dots#

Pour commencer, dans QGIS, nous allons créer une couche ligne, pour y tracer une ligne servant à relier vos deux positions. Dans notre exemple parisien nous obtenons quelque chose comme ça :

étape 1 créer une ligne entre vos positions

Changer de dimension pour mieux chercher#

Ça n'a pas de sens de chercher des cafés (c’est-à-dire des points) sur une ligne, cela pourrait cependant être plus intéressant concernant un polygone. Nous allons donc utiliser un tampon (buffer) autour de notre ligne créée à l’étape précédente pour générer un polygone.

J’ai choisi par défaut de faire un tampon de 250 mètres autour de notre ligne, mais vous pouvez augmenter ou baisser cette valeur en fonction de la distance que vous êtes prêts à parcourir autour de la ligne initiale.

Nous avons donc maintenant quelque chose qui ressemble à ça :

Etape 2 tampon(buffer) autour de la ligne

Ce tampon sera notre "zone de recherche" pour les cafés et bars.

QuickOSM à la rescousse#

Pour ce faire, nous allons partir des données d’OpenStreetMap, qui ont l’avantage d’être disponibles mondialement, et qui sont souvent plus complètes que les données institutionnelles grâce au modèle collaboratif du projet, similaire à celui de Wikipedia. Et enfin la communauté QGIS à créé des outils pour exploiter et extraire les données d’OpenStreetMap, notamment le plugin QuickOSM.

QuickOSM est un plugin de QGIS qui permet de télécharger facilement des données depuis OpenStreetMap directement dans QGIS.

OSM utilise un modèle de données "clé"="valeur" appelé tags. À chaque objet dans OpenStreetMap sont associés plusieurs tags que l’on peut ensuite venir interroger comme base de données.

Dans notre exemple, nous allons rechercher les cafés et les bars. Mais vous pouvez tout à fait customiser votre requête à cette étape, la liste des tags et clés est assez exhaustive.

Interface de QuickOSM pour query les cafés et les bars Interface de QuickOSM pour requêter OpenStreetMap

QuickOSM fonctionne sur l’étendue de la couche, c'est-à-dire le rectangle qui englobe notre tampon, et non sur la couche en elle-même. Nous nous retrouvons alors avec plus de points que ce nécessaire.

Etape 3 requeste osm avec QuickOSM

Mais pas de panique ! Il ne nous reste qu’à couper (clipper) le résultat de QuickOSM avec notre tampon.

Etape 4 couper les résultats sur la zone de recherche

Et voilà ! Félicitations, vous avez trouvé tous les lieux idéaux pour vos dates. (ou alors une couche vide, s’il n’y a aucun bar ou café entre vous, navré)

Partager vos fiertés#

Bon c’est bien gentil tout ça, mais s' il y a un second date ? Vous allez quand même pas refaire tous ces clics à chaque date ? C’est là qu’intervient le modeleur graphique de QGIS.

Automatiser votre méthodologie#

Le modeleur graphique vous permet de créer des chaînes de traitements, en liant ensemble plusieurs traitements.

Et le mieux dans tout ça ? C’est que vous avez déjà fait la moitié du boulot dans l’étape précédente. Et oui, les géotraitements du modeleur sont ceux de QGIS. Vous n’avez qu’à reprendre votre méthodologie et remettre vos traitements dans l’ordre.

Et l’autre moitié restante ?

Il vous faut identifier les éléments qui serviront d'entrées à votre modèle. Ici ce sont votre position et la position de votre crush qui serviront pour créer la ligne entre vos positions dans notre méthodologie.

Ensuite, j’ai dit dans mon paragraphe précédent que les géotraitements sont les mêmes que dans QGIS, et c’est vrai pour la majorité des cas, car les développeur·euses les ont codés pour. Mais on a parfois des mauvaises surprises, et c’est le cas ici pour les traitements de QuickOSM qui ne sont pas exactement les mêmes. Quelques modifications ont donc été nécessaires pour les faire marcher dans le modeleur.

De plus, si les traitements sont disponibles, d'autres actions manuelles de QGIS sont plus compliquées. Par exemple, créer une couche avec une seule entité s’avère étonnamment compliqué dans le modeleur, et a requis une ligne de SQL.

le modèle final

Mais une fois que vous avez fait votre modèle, il est directement intégré aux autres géotraitements de la boîte à outils, et vous pouvez l’utiliser comme n’importe quel géotraitement.

Mettre votre modèle en ligne sur le hub de QGIS#

Maintenant que vous avez fini votre modèle (ou votre spaghetti). Vous pouvez le partager au reste du monde. C’est d’ailleurs le cas du modèle de cet article ! Vous pouvez dès à présent l’utiliser dans QGIS, grâce à l'extension QGIS Hub Plugin qui permet d'accéder directement dans QGIS aux ressources en ligne sur https://hub.qgis.org.

Je ne reviens pas sur le fonctionnement du ressources hub de QGIS, ni sur les autres méthodes existantes pour partager un modèle. Marc Ducobu en parle déjà mieux que moi sur géotribu ici.

modele "plan a date" de l'article dans le model hub de QGIS

Piste d’améliorations#

J’aurais pu arrêter cet article ici, mais à quoi bon faire un mémoire sur la marchabilité en ville si on ne le ressort pas du placard de temps en temps. Donc c’est parti pour soulever l’une des limitations de cet article/méthode.

Depuis le début, notre méthodologie utilise le chemin à vol d’oiseau représenté par une ligne droite comme pour construire le tampon qui sert de “zone de recherche”. Mais si la distance à vol d’oiseau est une bonne approximation, elle ne correspond à la réalité que dans le cas où vous rentrez de votre date sur un petit nuage. Y aller à pied est en revanche une autre paire de manches.

Sangoku et Chichi sur le nuage magique Sangoku et Chichi revenant d’un date circa 1985
{: align=middle } Si nous reprenons notre exemple de tout à l’heure et que l’on remplace le chemin à vol d’oiseau par le chemin le plus court à pied, nous obtenons alors un résultat très différent.

comparaison entre la distance à voil d'oiseau et à pieds

Conclusion#

Voilà, maintenant vous pouvez à la fois préparer vos dates, mais aussi et surtout quand on vous posera la question : "A quoi ça sert QGIS et la géomatique ?" vous pouvez répondre ça : ⬆

PS : L'auteur·ice se dédouane de toute responsabilité en cas d’échec de vos dates.


Auteur·ice#

Valentin Buira#

Portrait Valentin Buira

Urbaniste-géomaticien, j'ai travaillé sur les sujets de planifications et de mobilité.

Aujourd'hui, je contribue principalement au projet QGIS où j'essaie d'améliorer l'user experience par ma propre expèrience en urbanisme et en retour j'intègre QGIS dans mes workflows. Pratique également appelée de manière plus familière dogfooding chez nos amis anglo-saxons

je milite également pour plus de diversité au sein de la géomatique et de l'opensource.

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Citer cet article :

"Comment bien préparer un date avec QGIS et l’analyse spatiale ?" publié par Valentin Buira sur Geotribu - Source : https://geotribu.fr/articles/2026/2026-02-14_comment-bien-preparer-un-date-avec-qgis/

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